Petit coup de gueule sur les conférences des salons

TeigneMon ami Philippe se plaignait hier du consensus mou de certains blogs et articles, alors pour lui faire plaisir, voici un petit billet teigneux (enfin, je vais essayer).

Donc, je me rendais jeudi à une conférence sur le salon Online Porte de Versailles (gros effort déjà, mais mon bureau n’est pas loin, ça aide), juste pour assister à une conférence de deux heures sur les outils de gestion de contenu.

Dès le départ, ça s’annonçait mal : « les intervenants ont choisi cette fois-ci de ne pas vous montrer de slides, ce qui n’est pas plus mal, car vous avez dû en être abreuvés pendant deux jours. » Oui, peut-être pour ceux qui trainaient là depuis deux jours, mais ce n’était pas mon cas. Et pour moi cette petite intro reflétait surtout le fait que personne n’avait préparé quoi que soit.

Les premières questions ont conforté mon opinion. « Donc, vous, c’est plutôt de l’open source, c’est ça ? ». Aïe ! Non seulement les intervenants n’avaient pas préparé de présentation, mais apparemment l’animateur n’avait pas préparé ses questions. Aucun positionnement du sujet, pas d’info sur les évolutions du domaine, et dix minutes à expliquer que c’est vraiment important de faire une maquette (un POC, pour les initiés, ce que l’animateur n’était apparemment pas).

Bref, j’ai tenu ¾ d’heure, avant de me lever dignement en lançant un regard réprobateur à l’animateur qui n’a pas eu l’air traumatisé de la perte de 5% de son auditoire. J’ai certainement loupé une très bonne conclusion (généralement, les intervenants se secouent un peu ½ h avant la fin, en se disant que si l’animateur ne leur pose pas les bonnes questions, et bien ils feront quand même les bonnes réponses), mais vraiment, perdre une heure à attendre que ça démarre, c’est insupportable.

Dans la salle d’à côté officiait Fred Cavazza, et j’ai bien regretté de ne pas avoir choisi le bon débat.

Alors, oui, les salons n’attirent plus que les consultants et les salles de conférence sont de plus en plus vides, mais vu le niveau de ce qui est parfois présenté, il ne faut pas s’étonner. Que les éditeurs achètent leur place aux tables rondes avec leur stand, soit, mais qu’ils préparent un peu leur sujet, sinon tout le monde est perdant.

Une réflexion au sujet de « Petit coup de gueule sur les conférences des salons »

  1. Tout est dans la dernière phrase… c’est encore un problème de modèle économique… « Que les éditeurs achètent leur place aux tables rondes avec leur stand »… si les conférenciers ne sont pas choisis pour leur compétence, mais pour leur argent… si l’animateur n’est pas rémunéré, mais obligé d’être là car « partenaire » du salon en question… si les auditeurs ne veulent pas payer pour un contenu de qualité, mais préfèrent une conférence nulle gratuite…
    Ne nous plaignons pas… il y a encore quelques années, les conférences des salons étaient payantes, chères, et les intervenants triés sur le volet, choisis pour leur expertise et ne payaient aucun droit d’entrée.
    Puis peu à peu, les auditeurs se sont faits plus rares, il a donc fallu aux organisateurs trouver de nouvelles sources de financement, en faisant payer les intervenants… qui ont demandé à ce que la salle soit pleine… et donc les conférences sont devenues gratuites.
    Voici comment en quelques années on est passé d’un modèle qualitatif à un modèle « gratuit ».
    Certains vont me dire que l’un peut aller avec l’autre ? OK, j’entends l’argument, mais j’en attends sa démonstration.

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