Temps perdu ? (special dédicace pour les plus de 35 ans)

Il y a quelques années, on envoyait par courrier des propositions commerciales de quatre pages en noir et blanc, éditées avec des imprimantes à aiguilles alimentées avec des listings à picots par de charmantes secrétaires qui prenaient nos appels. Aujourd’hui on n’envoie plus que des documents de 20 pages qui ont l’air de sortir d’un atelier de création graphique et que plus personne n’est censé imprimer.  

Deux amis de passage ce soir chez moi ouvrent des yeux ronds en me voyant tapoter comme une furieuse depuis deux heures alors qu’eux dissertent gaiement sur le match de rugby, un verre à la main. Je reste imperturbable et leur lance négligemment que je suis juste en train de créer mon blog, un outil indispensable pour lancer ma nouvelle activité. S’en suit une longue discussion sur le temps perdu devant nos écrans, alors qu’il y a 20 ans (et oui, je peux dès à présent vous révéler que je suis une mamie de l’informatique…), nous faisions du « bon business » en y passant beaucoup moins de temps.

Par exemple, nous faisions des propositions en cinq mn sur « Textor », en donnant juste à notre secrétaire l’adresse de notre prospect. Aujourd’hui, on passe 2 heures sur le web à s’informer sur l’activité dudit prospect, on cherche à copier son logo pour personnaliser la proposition, on retourne vérifier que notre contact n’a pas un blog où il dévoilerait le nom de nos concurrents et le montant de leurs propositions (rêvons un peu), on lance la recherche dans notre propale type pour vérifier qu’on n’a pas laissé trainer le nom du prospect précédent, on ouvre Excel pour faire une rapide règle de 3 et anticiper la remise (vous avez encore une calculatrice, vous ?), et on jette un œil inquiet aux CGV en police 4 en se demandant si on n’aurait pas changé une clause la dernière fois, et si ce ne serait pas mieux finalement de recommencer avec la propale type (quelle propale type ?). Finalement on copie les CGV de la propale type et l’on s’aperçoit avec horreur que le bas de page a sauté. Une dernière correction, une impression parce qu’on relit mieux sur papier (zut, plus de papier dans l’imprimante), un dernier passage pour corriger quelques styles peu homogènes, et il reste à passer le doc en pdf (étape souvent sautée même par les plus techno-avancés), à écrire un mail souriant mais respectueux, confiant mais tout disposé à rediscuter de tout ça, et ça y est, la précieuse proposition est envoyée à la vitesse de l’éclair. C’est beau la technique. Mais au final, on a surtout gagné deux jours d’expédition de courrier.

Je rêve d’un outil de création de propositions en ligne, avec des modèles personnalisables, des styles qui fonctionnent, des systèmes de recherche automatique des infos du client, un processus simple d’approbation avant envoi direct en pdf et une conversion automatique en commande. Oracle m’avait montré un outil de ce genre pour la gestion des contrats il y a quelques années. Pas sûr qu’il ait été beaucoup mis en place. Ca ne devrait pas être sorcier, j’ai fait mes cartes de visite en ligne la semaine dernière de cette manière.

Ca c’était pour la nostalgie des propales bien vilaines mais qui prenaient peu de temps. Mais c’était au bon vieux temps, quand on avait encore des secrétaires et pas de téléphone portable pour nous géolocaliser entre deux rendez-vous. La prochaine fois je vous parlerai de tous les merveilleux services en ligne qui soulagent le créateur d’entreprise. Et lui permettent de rester quelques heures de plus devant son petit écran à clavier…

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